mardi 9 septembre 2008
Que s’est-il passé à cette Université d’été du PRG ?
Université d’été 2008 du PRG – 6-7 septembre 2008
Que s’est-il passé à cette Université d’été du PRG ?
D’abord des absences : absence de tout invité politique (en 2007 il y avait eu un discours d’Arnaud Montebourg et la présence muette de Radicaux valoisiens). Absence de personnalités qui comptent, Gérard CHARASSE, député de l’Allier et Président du groupe parlementaire, Christiane TAUBIRA, Députée de Guyane et ex-candidate à la Présidentielle, Émile ZUCARRELLI, ex-parlementaire et ex-Président du Parti, etc.
Une fréquentation des militants peut-être en baisse par rapport à d’autres années – mais il faudrait le vérifier sur des données chiffrées.
Le grand retour de Jean-François HORY, déjà annoncé par la contribution qu’il a signée avec Jean-Michel BAYLET pour le congrès. C’est lui qui a monopolisé l’après-midi de samedi en salle plénière.
Une bonne présence des jeunes radicaux de gauche, qui donnait un coup de jeune à l’allure générale. Mais ils ne se sont exprimés que pour indiquer leur existence.
Une grande inorganisation, qui semble plus due à des décisions de dernière heure qu’à une incapacité de l’équipe organisatrice. On avait reçu un programme. On nous en a distribué un autre à notre arrivée. Mais ce programme corrigé n’a lui-même pas été respecté. Et le vendredi après-midi, Jean-François HORY a érigé ce happening en principe d’organisation.
Des conversations de couloirs… c’est la fonction des Universités d’été. J’ai cru savoir que des participants se sont rencontrés autour de quelques Vice-présidents pour élaborer ce que pourrait être une stratégie à gauche, différente du tropisme de plusieurs actuels dirigeants du Parti vers les Radicaux Valoisiens.
Le déroulement, pour la partie dont j’ai été témoin
Samedi matin
Une plénière sur le développement durable, présidée par Thierry JEANTET, avec des interventions de Guillaume DUVAL (Alternatives économiques), Geneviève FERONE (VEOLIA), Laurence XXX (CFDT), Yveline NICOLAS (Association Adéquations).
Les constats des changements de vie qu’impliqueront la fin du pétrole et la lutte contre le réchauffement climatique ont faits avec rigueur par Thierry JEANTET, Guillaume DUVAL et Geneviève FERONE. Il a notamment été souligné combien la France, avait pris du retard, mollement appuyée sur la sécurité énergétique que lui a donnée son parc nucléaire.
Les réactions venues de la salle m’ont surpris : la plupart renvoyaient à l’action individuelle, à la sensibilisation, sans prendre la mesure de l’ampleur des réponses collectives nécessaires, et de la révolution sociale que cela implique.
On a eu un témoignage précis de Jacques MUTEZ, PRG, Vice-président de Lille métropole, qui a fait état de réalisations concrètes dans le domaine du développement durable. Un adjoint PRG de Dijon, Didier MARTIN, s’est aussi exprimé, mais moins précis.
La synthèse a été bien faite par Elisabeth BOYER en plénière du dimanche matin. Je souhaite qu’elle soit bientôt disponible sur le site du PRG.
Samedi après-midi
Une petite partie des participants est allée à l’atelier sur les actions concrètes de développement durable à mener dans le monde urbain et dans le monde rural.
La plus grande partie des participants – et moi-même – sommes allés à l’atelier sur le renouvellement des idées, intitulé « les thèmes identifiant les radicaux ». Cela a été un one-man-show de Jean-François HORY, brillant, ayant préparé son sujet tout en faisant semblant d’improviser, mais verrouillant la parole de ceux-là mêmes qui étaient annoncés comme intervenants. Les six personnes qui l’entouraient à la tribune ont été réduites à l’état de figurants.
Il voulait aborder trois grands thèmes : la laïcité, « la gauche de l’individu », l’Europe fédérale.
Laïcité
Sur la laïcité, il met le turbo : pour lui, la laïcité consiste à lutter contre l’influence sur les institutions publiques de tout ce qui touche de près ou de loin aux institutions religieuses, aux partis politiques et à l’activité économique. Ce qui voudrait dire la suppression des financements publics à l’enseignement privé, l’abandon de toute influence des partis sur le fonctionnement de l’État et des collectivités publiques (il dénonce par exemple « la discipline de vote », qu’il apparente – à mes yeux à tort – au « mandat impératif »), l’interdiction de toute intervention des acteurs économiques dans le système éducatif public (il dénonce la distribution de petits beurres LU ou de yaourts Danone dans les écoles, et veut instaurer une étanchéité absolue entre les pouvoirs politiques et les lobbys quels qu’ils soient). Pour lui, l’idée même de « quotas » (qui a inspiré la Loi sur la parité, et qui sous-tend la discrimination positive) est contraire à l’esprit de la Laïcité…
Au cours de ce débat sur la laïcité, un médecin a posé la douloureuse question du suicide assisté. Jean-François HORY a évacué la question en se contentant d’affirmer sa préférence pour la vie – qui serait contre ? Je suis intervenu sur ce point : je pense que chaque société se structure en posant un certain nombre d’interdits, qui deviennent dès lors constitutifs de cette société. La violation de ces interdits structurants est passible de la Justice. Jusqu’à ce jour, il y avait dans notre société un interdit structurant : tu n’aideras pas quelqu’un à mourir. La question est aujourd’hui : est-ce que cet interdit est encore structurant de notre société ? est-ce que sa violation devrait encore aujourd’hui entraîner des poursuites ? Jean-François HORY a repris la parole : « il y a des interdits, il y a des totems, et puis après ? », et est passé à autre chose.
La gauche de l’individu
À travers ce qu’il appelle « la gauche de l’individu », Jean-François HORY ouvrait une vraie question de notre société. Je n’ai toutefois pas apprécié la manière dont il posait la question. Il pose le problème comme une opposition entre la liberté et la sécurité : pour lui, les citoyens aliènent volontiers leur liberté en échange de la sécurité que leur donne la société. Est-ce la bonne question ? Je pense que la question devrait plutôt être : comment trouver le juste milieu entre une protection qui libère et une protection qui déresponsabilise et risque de générer une société d’assistés. Mais, empêtré dans son hostilité à ce qu’il appelle indifféremment, de manière à mes yeux un peu sommaire, le socialisme ou le collectivisme, Jean-François HORY caricature ce vrai problème en allant jusqu’à mettre en cause, par provocation, le concept même de « sécurité sociale ».
Ce débat a entraîné une réaction d’au moins deux participantes, qui ont exprimé leur désarroi sur ces interrogations qui les troublaient plus qu’elles ne les structuraient.
L’Europe fédérale
Quant à la question européenne, Jean-François HORY ouvre le débat suivant : nous sommes identifiés par notre forte orientation en faveur d’une Europe fédérale ; que faisons-nous alors de la nation ? Le temps manquait, le débat a été bref sur ce point.
Je suis intervenu dans ce dernier débat pour dire que chaque individu avait besoin d’avoir une appartenance collective qui l’identifie. Or l’identification par le métier n’existe plus, l’identification par la famille ne fonctionne plus réellement, l’identification par le territoire, la commune, la ville ou le quartier ne fonctionne plus… et quant à l’identification par la religion, non merci ! Qu’on nous laisse donc l’identification par la nation. Je veux pouvoir me mettre debout, partout où je serai, chaque fois que j’entendrai la Marseillaise. J’ai été suivi sur ce point.
Le rapport de cet atelier fait dimanche matin par Bernard CASTAGNEDE a été fidèle au contenu, sans toutefois souligner les arêtes des débats.
Pour ma part, j’ai pensé au cours de ces débats que cet atelier constituait un rideau de fumée : on amuse les militants, en les faisant réfléchir à un niveau prétendument philosophique, pour qu’ils ne s’occupent pas de ce qui se passe à l’intérieur de l’appareil du Parti. Si cela les déstabilise, cela n’en rendra que plus faciles les manipulations qui se font dans la coulisse.
Plus profondément, en reprenant mes notes le lendemain, il m’a semblé voir une dérive dangereuse dans les interrogations de Jean-François HORY : leur outrance contribue à la déstabilisation des esprits.
Au prétexte de la suprématie de l’individu, il défend une laïcité qui interdirait toute action collective institutionnelle fondée sur des orientations idéologiques ; mais est-ce que cela ne sonnerait pas le glas de toute action collective ?
Il dénonce l’action sociale au prétexte qu’elle risque de déresponsabiliser l’individu ; mais cela ne conduit-il pas à récuser la solidarité comme fondement de nos sociétés ?
Les concepts fondateurs de la République, Liberté, Égalité, Fraternité, sont susceptibles de bien des interprétations ; il est nécessaire de les réinterroger pour éviter qu’ils deviennent des slogans creux. Mais les ébranler de manière superficielle et non contradictoire comme il a été fait ce samedi après-midi à Ramatuelle me semble jouer avec le feu, et contribuer à la dérive des esprits, déjà fortement engagée par la droite.
Le discours final du Président
Le Président a d’abord réaffirmé son autorité sur le Parti, d’une manière agitée, presque véhémente. Les membres des instances qui ne seront pas efficaces seront virés. Invitées à tour de rôle aux réunions du Secrétariat national, les Fédérations rendront compte de leur activité, et celles qui se manifesteront frileuses et inefficaces seront sanctionnées. Cela m’a semblé un peu court en terme d’organisation… Le Président justifie ainsi à l’avance les oukases qui pourraient tomber de sa bouche en cours d’année.
La suite était plus politique. Une brève affirmation très claire : nous sommes à gauche ; nous serons aux réunions de coordination de la gauche, dont la prochaine aura lieu au siège du PRG. Une fois ce principe posé, il a longuement développé des attaques contre le PS et des approbations de la politique gouvernementale.
Des attaques fournies contre le PS, son « caporalisme » (le mot a été répété), son incohérence (notamment son approbation massive du contenu des modifications constitutionnelles, suivie d’un vote contre au Congrès), et sa guerre des chefs.
En parallèle, une approbation vigoureuse de plusieurs des mesures de l’actuel gouvernement, RSA, modifications constitutionnelles, relations avec la Syrie, prise de position en Afghanistan.
Une autre affirmation : nous voulons réoccuper le combat des idées, actuellement totalement dominé par la Droite. Quelles idées ? il n’en a rien dit.
Il a conclu par un long développement sur la situation internationale. Il considère que la situation actuelle est plus grave qu’elle n’a jamais été depuis des décennies, évoquant des menaces de guerre. Que valait son analyse ? il faudra la lire plus soigneusement pour évaluer sa rigueur. L’important me semble surtout la solennité qu’il a voulu donner à sa déclaration de politique étrangère : il a souligné lui-même cette solennité pour le cas où les auditeurs ne l’auraient pas perçue. Il a adopté un ton retenu et grave, parlant de plus en plus faiblement pour manifester le tragique de ce qu’il affirmait – au point qu’il en était presque inaudible à la fin de son discours. Un des auditeurs a ressenti cela comme du cabotinage ; je souscris à cette impression.
Sur le plan du contenu politique, il me semble qu’il y a une contradiction entre ce qui est affirmé dans les mots et ce qui est affirmé par la structure du discours. Ainsi il affirme que le PRG est ancré à gauche, il dit par ailleurs à la Presse qu’il s’est engagé auprès de François HOLLANDE à faire liste commune aux européennes de 2009 (Le Progrès du 8 septembre 2008 page 4), mais il passe le plus gros de son discours à faire l’éloge de la politique de Sarkozy et la critique virulente du PS… Il n’a rien dit de faux, ni sur la droite ni sur le PS, mais le choix de ses thèmes n’étaient pas neutres, hostiles au PS et favorables à la droite (par exemple, rien sur Edvige, affaire sur laquelle plusieurs d’entre nous sommes mobilisés depuis le 2 juillet derrière la Ligue des Droits de l’Homme et le Syndicat de la Magistrature…).
Il y a là de la tactique, une pression sur le PS, un chantage du faible au fort : je suis fidèle à la gauche, mais laissez-moi plus de place sans quoi je passe à droite. Mais peut-on construire un projet politique sur ce seul positionnement tactique ?
Le Président a obtenu des applaudissements mesurés pour les affirmations qui comportaient une part de vérité. Mais ce n’a pas été du délire.
Il avait fait venir TF1, alors que seule FR3 était présente l’an dernier. Au terme de son discours, la pensée m’a traversé qu’il s’était positionné pour être appelé au Ministère des Affaires étrangères au prochain remaniement ministériel. Hélas pour lui, sa prestation a dû sembler faible aux décideurs de TF1, qui n’ont conservé au journal de 20 heures du dimanche soir que 10 secondes de gesticulation muette, pendant que la journaliste (Claire CHAZAL) mentionnait l’Université d’été du PRG.
Que peut être la suite ?
Je pense qu’il faut renoncer à lire dans le marc de café, et se préparer à toutes les éventualités. Pour cela, se structurer le mieux possible en Rhône-Alpes autour de Thierry BRAILLARD, et soutenir, dans la mesure de nos moyens, le petit groupe des vice-présidents qui travaillent à un avenir conforme à notre identité de Radicaux de gauche. ( compte rendu de P M DUGAS )
Reunion du 11 septembre 2008
Fin des vacances pour le PRG, cette réunion à permis de développer trois points:
1. Un compte rendu très détaillé de l'université d'été de Ramatuelle par P.M. DUGAS
( voir le texte dans sa rubrique...)
2. Une volonté de mettre en avant une nouvelle dynamique de la communication du PRG au niveau local.

3.Développer une structure jeunes radicaux grâce à la benjamine du PRG: Fairouz

Nous vous proposons un extrait du discours de JM Baylet le président du PRG:
Je pense en particulier à la porte de nos fédérations que je trouve quelquefois insuffisamment ouverte, à peine entrebâillée, et dans quelques cas extrêmes hermétiquement close. Comment pouvons-nous espérer la résurgence nationale d’un puissant courant radical si nous organisons nous-mêmes le malthusianisme de notre parti au niveau fédéral ?
Je vous le dis tout net : les radicaux ne doivent plus tolérer les pratiques visant, souvent pour de très modestes objectifs d’investitures locales, à l’atrophie du radicalisme comme il en irait d’un petit fonds de commerce à qui il suffirait de vivoter. Pour lutter contre cette tendance, je vous propose d’ores et déjà plusieurs directions d’action :
- Je demanderai à Paul Dhaille et à Jean-Bernard Bros de concevoir, avec Sylvia Pinel et Patrick Molinoz, le Secrétariat National comme un lieu de rendez-vous avec les fédérations de telle façon qu’à chaque réunion l’une d’entre elles soit invitée et entendue quant à sa situation, à ses objectifs et à ses attentes.
- Nous fixerons rapidement, pour chaque fédération et en tenant compte évidemment de sa force actuelle mais aussi de la démographie et des traditions politiques du département, des objectifs chiffrés d’adhésions, une périodicité minimale des réunions fédérales, et les modalités de reprise locale des thèmes politiques développés au plan national.
- Nous continuerons à accepter les adhésions directes au siège à des conditions (notamment financières) fixées par le parti car il ne peut pas être plus difficile de devenir radical selon que l’on habite un département ou un autre.
- Et si ces mesures incitatives ne suffisent pas, je ne baisserai pas les bras en m’accommodant de micro-radicalismes fortifiés ; je proposerai d’abord la nomination du secrétaire général par le siège national ; et s’il le faut encore, toute l’administration fédérale sera transférée à la direction du parti. Comptez sur mon énergie.
Je ne vous fais pas ces propositions pour honorer ma réputation… disons d’autoritarisme. Je les avance car je veux être, fort de la confiance réitérée au Congrès et dont je vous remercie une fois de plus, à la tête d’un parti en ordre de marche et même en ordre de bataille. (université d'été du 5 au 7 septembre 2008)






